La minorité chinoise Yugour


Les Yugours sont près de 15 000 individus en Chine. Les Yugours parlent deux langues lointainement reliées : une langue turque et une langue mongole. Les Yugours sont des descendants des Ouïgours qui ont émigré vers la fin du IXème siècle dans la province de Gansu. Ils se sont convertis au bouddhisme tibétain, qui est encore pratiqué dans les communautés Yugour à ce jour. Les Yugours sont une exception parmi les peuples descendant des Turcs, car ils ne se sont pas convertis à l’Islam.


Les Yugours ont une riche tradition littéraire qui s'est transmise oralement : légendes, contes, proverbes et ballades. Les chants folkloriques présentent des airs gracieux et vivants. Les Yugours sont habiles dans les arts plastiques, le tissage sur sac, tapis et attelage. Ils décorent également les cols, les manches et les bottes de motifs de fleurs, d'insectes ou d'oiseaux. On utilise des coquillages, des éclats de pierre, des fils de soie pour décorer les cheveux.

Les Yugours ont une façon typique de se vêtir. Un homme bien habillé porte un chapeau de feutre, un longue tunique à collet haut boutonnée à gauche, une ceinture rouge ou bleue et des bottes hautes. Une fille en âge de se marier coiffe ses cheveux de plusieurs petites queues de cheval qui sont ensuite nouées en trois plus grosses : deux sont portées sur la poitrine et une dans le dos après le mariage. Les femmes portent habituellement un chapeau de feutre blanc en forme de trompette avec deux lisières noires au devant.

La minorité chinoise Ouïgour


Les Ouïgours sont un peuple turcophone et musulman habitant le Xinjiang (ancien Turkestan oriental) en Chine. Leur langue est le ouïgour. Près de 8 millions vivent en Chine, dont plus de 99% dans le Xinjiang.


Depuis longtemps, les Ouïgours cultivent le coton et ont une industrie du tissage, de sorte que le port de vêtements de coton est chose courante dans la région. Les hommes portent une longue tunique appelée qiapan, ouverte à droite, avec un col en biais, sans boutons; à la taille, ils enroulent une longue bande de tissu. Les femmes portent des robes à manches amples et des vestons noirs avec boutons cousus sur le devant. De plus en plus cependant, la mode vestimentaire occidentale prend la place. Toutefois, tous aiment porter un petit chapeau quadrilatéral ornés de broderies au motif ouïgour. Les femmes aiment se parer de boucles d'oreille, de bracelets et de colliers. Les jeunes filles nattent souvent leurs chevaux en plusieurs petites tresses et considèrent les longs cheveux comme un signe de féminité.


Les Ouïgours apprécient le thé au lait avec du maïs cuit et les gâteaux de blé. Le riz sucré cuit avec du mouton, de l'agneau, des carottes et des raisins secs, des oignons est un mets de fête. Les Ouïgours excellent dans la danse. Les danses ouïgours sont légères, gracieuses, avec des chorégraphies rapides. La Danse de Sainam est la plus populaire.


De confession musulmane, la minorité ouïgour à en son sein, depuis quelques années, de nombreux mouvements indépendantistes et islamistes qui sont à l’origine d’attentats en Chine.

La minorité chinoise Wa


L'ethnie dénombre 300.000 personnes. Les Wa résident, depuis l'Antiquité, dans les montagnes près des frontières de la province du Yunnan et de la Birmanie. Les hommes wa ont souvent les cheveux frisés. Les femmes, portent les cheveux longs retenus par un serre-tête d'argent. Selon les croyances des Wa, chaque être vivant a une âme et il existe plusieurs dieux dans l'univers. Pour obtenir leur protection, cette ethnie minoritaire offre souvent des sacrifices, accompagnés de tambour en bois.

Dans chaque village Wa, on trouve des sortes de pavillons faits de bois, de bambou et de chaume qui servent de temples pour les ethnies d'autres religions ou d'abris pour les tambours.

Typiques des Wa, ces constructions sont sacrées. Il existe deux genres de tambours : les mâles et les femelles. Le tambour mâle est assez mince et petit, alors que le femelle, grand et volumineux. Les Wa vouent un culte à la maternité. Pour eux, les tambours en bois sont les symboles de la mère. Cette croyance est inspirée d'une légende : il y a longtemps, les villages étaient souvent victimes de catastrophes naturelles. Pour invoquer la protection des dieux, les habitants décidèrent alors de fabriquer un tambour. Mais une fois fini, aucun son ne sortit de l'instrument de musique. Jusqu'au jour où une vieille dame leur conseilla de donner au tambour la forme d'une femme. Les artisans réfléchirent aux propos de la vieille dame. Enfin, ils comprirent ce qu'elle voulait dire : il fallait sculpter un tambour en forme de sexe féminin. Et effectivement, le tambour commença à produire des sons.


Les tambours en bois ont deux sortes de sons : les uns sont cristallins, les autres, graves. Accompagnés de tambours, les jeunes Wa interprètent des chants folkloriques et dansent en exécutant des mouvements vifs et exagérés. C'est pour eux une façon d'exprimer leurs émotions.

Parmi toutes les fêtes des Wa, la fabrication des tambours en bois est un moment particulièrement animé et important. Chaque année, à la même période, les villageois partent à la recherche d'arbres solides. Sous la direction du sorcier, tous les habitants des villages se rendent dans la forêt, abattent les arbres sélectionnés, en enlèvent les branches, et les rapportent aux villages. Le tambour en bois est un instrument sacré qui sert à communiquer avec les divinités.

En effet, les Wa pensent que les dieux ne parlent pas la langue humaine et qu'ils ne comprennent que les sons du tambour. Ils s'adressent donc aux dieux pour invoquer leur protection ou exprimer leurs vœux, toujours en frappant un tambour. Petit à petit, les Wa ont créé leur propre langage avec cet instrument de musique.

La danse « shuai fa » est une danse particulière aux Wa : les chevelures sont projetées en arrière, comme autant de bandes de soie noire qui flotteraient au vent. La désinvolture et l'élégance de leur gestuelle montrent bien le caractère franc et ouvert des jeunes femmes Wa.